Le bocage Bressuirais
Nous sommes ici au cœur du bocage vendéen dont Bressuire est la capitale. La viande bovine de la région est d’ailleurs connue pour sa qualité. On trouve également la plus forte concentration d’élevage de lapins et de porcs de la région.
L’Aunis
C’est une petite plaine sédimentaire de calcaire encadrée par le Marais poitevin, la Saintonge, la Charente et l’océan. Cette terre d’élevage et de cultures a pour capitale La Rochelle et pour principal pôle touristique l’île de Ré où l’on cultive la pomme de terre primeur.
Le Niortais
Le Niortais est dominé par le Marais poitevin. C’est l’une des principales zones de production de mojhétes.
La Saintonge Romane
Traversée par l’un des chemins de St-Jacques de Compostelle, ce pays tient son nom de la profusion d’églises romanes situées tout autour de Saintes, sa capitale. La vallée de l’Arnoult est une importante zone de production maraîchère (céleri-rave et haricot sec de Pont-l’Abbé).
Le Loudunais
C’est une région agricole hétérogène très excentrée, zone de transition entre le Poitou, le Val de Loire et l’Anjou. Les groies caillouteuses (sols peu profonds, bien pourvus en matières organiques) et les aubues, profondes, faciles à travailler, sont à fort potentiel agronomique. Céréales et élevage dominent mais il existe également une production d’asperge et de melon.
Le Thouarsais Situé aux confins de l’Anjou, du Poitou et de la Touraine, ce pays est traversé par la vallée du Thouet. C’est une terre d’élevage et de cultures. A la limite du Loudunais, on trouve la principale zone de production de melon du département.
La Gâtine
Plateau vallonné relativement boisé. Cette région de bocage produit de la viande mais est également spécialisée dans la production de pommes dans les Deux-Sèvres, autour de Secondigny (Reinette Clochard). Anciennement, la principale zone de production de pomme de terre, de chou, de melon et d’oignon.
Les Vals de Saintonge
Ce terroir correspond à la basse Saintonge. Contrairement aux plaines monotones de l’Aunis, le paysage est nettement plus vallonné et annonce déjà la verte vallée charentaise. Sa tradition viticole fait de cette région un des grands centres de fabrication du cognac.
Le Haut Poitou
Blé, maïs et colza occupent les 3/4 de la SAU. Les agriculteurs ont également su préserver des productions originales à haute valeur ajoutée : vin, tabac, ail, poireau, asperge, carotte, échalion et bien sûr melon.
Le Chatelleraudais Cette zone forestière est un passage entre la Touraine et le Poitou. Sa terre est réputée généreuse et les rendements en céréales et oléagineux sont excellents (blé, orge, maïs, tournesol). Au sud, dans le Pleumartinois, l’élevage bovin domine.
Le Montmorillonnais
Ce plateau peu ondulé est dominé par l’élevage (ovins et bovins viande) et les cultures fourragères. Les 3/4 des ovins se trouvent dans cette région.
Le Civraisien
Ce vaste plateau ondulé, entaillé par des vallées, est dominé par l’agriculture. Les grandes cultures (maïs, colza, pois) remplacent peu à peu l’élevage (chèvres, vaches, lapins, moutons).
Le Ruffecois
Les paysages sont multiples : bandes boisées de forêts, grands plateaux où dominent les cultures de céréales (blé, maïs, tournesol) au nord-ouest, petites vallées et vallée de la Charente.
Le Cognaçais
Centré autour de Cognac, cette région est mondialement réputée pour son vignoble, ses cognacs et son pineau (vin de liqueur dérivé du Cognac).
La Haute Saintonge Cette terre viticole (Pineau et Cognac), vallonnée et boisée (forêt de pins), couvre le sud du département. Au nord de la zone, en petite Champagne, autour de Jarnac-Champagne, il existe une production de carotte et de betterave.
Le Pays Mellois
Même si les élevages caprins sont répandus dans tout le département des Deux-Sèvres, le pays Mellois et le Haut Val de Sèvre sont le cœur régional de la production de fromages de chèvre. C’est d’ailleurs dans cette région que l’on peut suivre la route du Chabichou et des fromages de chèvres.
La Charente Limousine C’est une enclave occitane en terre charentaise. Tout y est différent : la terre (granitique), la langue (limousine) et bien sûr la cuisine. Essentiellement axée sur l’élevage, cette région vallonnée est une succession de verts paysages.
L’Angoumois
Sous cette appellation, sont regroupés le Sud-Charente et le pays d’Horte et Tardoire. Ici le paysage cède le pas aux collines et aux forêts. Le Périgord n’est pas loin… L’activité est essentiellement tournée autour des céréales.
LES FRUITS ET LEGUMES
Il existe bel et bien une tradition maraîchère et fruitière en Poitou-Charentes. Les larges plateaux calcaires du Haut Poitou sont propices à la production de melon et permettent à la région de se placer au premier rang national pour ce type de culture. Le Marais Poitevin a longtemps conservé un savoir-faire maraîcher à travers ses jardins familiaux. L’île de Ré reste connue pour sa production de pommes de terre primeurs précoces. Pour les fruits, la Gâtine est la principale zone de production de pommes Clochard en France.
Bien que le maraîchage ne soit pas une spécialité agricole de la région, les cultures de légumes n’en sont pas moins représentatives et variées. Le melon est la première culture maraîchère régionale. D’ailleurs, avec ses quelques 4 350 hectares de melonnières, le Poitou-Charentes se place au premier rang des régions productrices en France. Sa culture est localisée dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Charente-Maritime. Les producteurs ne font que perpétuer une tradition déjà attestée au milieu du XIXe siècle qui donna son nom à un type de melon : le fameux Charentais. Sur les plateaux du Haut Poitou, on trouve également d’autres productions légumières telles que l’échalion, spécialité tout à fait locale de la Vienne, ou l’asperge. Autre culture maraîchère emblématique de la région : la mojhéte.
On trouve ce haricot-grain près de Niort, dans le Marais Poitevin, aux confins des Deux-Sèvres, de la Charente-Maritime et de la Vendée. Le commerce de ce légume sec a été important, mais le coût d’exploitation, surtout en main d’œuvre, a entraîné le déclin de sa culture. Le haricot de Pont-L’abbé est, quant à lui, cultivé en Charente-Maritime, dans le Saintonge. C’est d’ailleurs dans cette même vallée de l’Arnoult que l’on trouve une importante production de céleri-rave (le Poitou-Charentes est la 4e région productrice en France). On n’est alors pas loin du Cognaçais et de la Petite Champagne, réputée pour ses carottes et ses betteraves crapaudines. Pour trouver d’autres productions maraîchères majeures, il faut se rendre sur le littoral, plus exactement à l’Ile de Ré, où quelques producteurs continuent de cultiver la pomme de terre primeur. Avec celle de Noirmoutier, elle est la première à arriver sur nos étals au printemps.
L’arboriculture n’est pas très développée en Poitou-Charentes. Elle est peu organisée et la plupart des arboriculteurs conditionnent eux-mêmes (débouchés locaux) ou commercialisent à des expéditeurs. Les seuls vergers véritablement importants sont les vergers de pommiers en Gâtine, avec une variété typique persistante : la Reinette Clochard. Dans la Vienne, on trouve également de la Golden et des poiriers (William, Conférence). De façon plus confidentielle, en Charente et en Charente-Maritime, on assiste à un développement discret des vergers de noisetiers et de noyers. Enfin, il faut signaler le prolongement des châtaigneraies du Limousin à l’est de la région, dans le Confolentais ou le Civraisien, où la tradition de culture et de consommation se perpétue.
LES PRODUITS REGIONNAUX
Melon du Haut-Poitou
Connue dès le XVIe siècle en Touraine, la culture du melon s’est peu à peu propagée dans les régions voisines. Au cours du XIXe siècle, cette culture est devenue importante et s’est ancrée dans le Haut Poitou, à la frontière du Châtelleraudais, à l’Est de la commune de Lencloître. Au début du XXe siècle, la Vienne produisait déjà 1 100 tonnes de melons. Mais, à l’époque, le melon était aussi connu, plus au sud, dans le Marais Poitevin et le marais de Rochefort. Initialement le ‘Cantaloup de Bellegarde’ était la variété cultivée, mais elle fut supplantée plus tard par un hybride, le ‘Charentais’, à fruits plus gros, de qualité plus régulière et de plus longue conservation. Les qualités de cette nouvelle variété allaient permettre le développement de la culture dans la région.
Dans les années 60, l’utilisation de la matière plastique a permis d’améliorer la précocité et le rendement, entraînant l’extension du melon sur les terres argilo-calcaires du Loudunais et du Thouarsais dès 1965. Aujourd’hui ce sont quelques 4 600 hectares qui sont exploités entre les Deux-Sèvres et la Vienne, permettant de récolter un volume de l’ordre de 55 000 tonnes. Si on ajoute la production de la Charente-Maritime, la région Poitou-Charentes se place en tête des régions productrices de melons en France.
Le Haut Poitou se caractérise par des terres argilo-calcaires spécifiques, dites aubues, qui possèdent naturellement des réserves d’eau (pas d’irrigation) et qui se réchauffent lentement à la belle saison (d’où une récolte tardive). Ces sols,
à fort potentiel agronomique - car bien pourvus en matières organiques - sont profonds et faciles à travailler. On les trouve au nord de la région, dans le Loudunais, dans la région de Lencloître et autour de Châtellerault.
A travers une marque déposée “Les Maîtres du melon Haut Poitou”, seize producteurs, regroupés en syndicat, se sont engagés dans une démarche qui protège et garantit la qualité de leurs melons. Leur cahier des charges organise une sélection et un contrôle rigoureux de la parcelle au distributeur. Il impose, notamment, les points suivants :
- culture de plein air sur les sols argilo-calcaires du Haut Poitou (zone délimitée par la vallée de l’Auxance au sud, par la Loire au nord et par la vallée du Clain et de la Vienne à l’ouest) ;
- rotation culturale d’un minimum de 5 ans (pour éviter au sol de s’épuiser) sur des parcelles sélectionnées ;
- variétés de type cantaloup Charentais ;
- planification rigoureuse du semis, de la plantation et de la récolte ;
- cueillette à maturité à une température maximale de 25°C ;
- teneur en sucre contrôlée d’un minimum de 12° Brix ;
- conditionnement au plus tard 6 heures après la récolte ;
- stockage entre 9 et 13°C ;
- expédition dans les 48 heures après conditionnement.
En plus de ces critères, certains producteurs ont délibérément choisi de produire selon les règles de l’agriculture raisonnée (limitation des intrants et utilisation des produits chimiques réduite au strict minimum).
Les melons du Haut Poitou ont été les premiers melons à être certifiés et à bénéficier d’une Indication Géographique Protégée.
Echalion
L’échalion est un légume bulbeux de couleur cuivrée, typique de la Vienne. De forme allongée et renflée, variant entre 5 et 20 cm, son aspect rappelle celui d’une cuisse de poulet. Sa chair est douce et légèrement sucrée. Il est rattaché au groupe des oignons Allium Cepa et, contrairement à l’échalote, avec laquelle il ne faut pas le confondre, il est semé et non repiqué. On estime la production du département à environ 1 500 tonnes par an.
On dit que l’échalion est arrivé dans la région de Lencloître pendant la Seconde Guerre Mondiale grâce à une famille de réfugiés mosellans. Jusque dans les années 50, ce légume était cultivé uniquement dans les jardins familiaux. Entre 1950 et 1970, des négociants de la région ont cultivé des “Cuisses de Poulet” pour les vendre sur les marchés de proximité. Cette culture devint alors traditionnelle mais son débouché resta local. La production n’a pris un réel essor que dans les années 90 grâce à un petit groupe d’agriculteurs passionnés qui ont souhaité développé cette production. Afin d’ôter toute ambiguïté avec l’échalote, la dénomination “Cuisse de Poulet du Poitou” a été officiellement acceptée avant de prendre le nom commercial d’échalion en 1994. Cette appellation est devenue officielle en 1996 avec l’inscription de la variété au catalogue.
Mojhéte
La région Poitou-Charentes s’est spécialisée dans la production de deux variétés naines de haricots à écosser aux goûts bien différents : le ‘Pont-l’Abbé’ qui domine aujourd’hui la production et le ‘Rognon de l’Oise’, typique du Marais Poitevin. Le terme de mojhéte provient de “mogette” qui désignait une petite religieuse, en référence au régime alimentaire monastique qui comportait beaucoup de légumineuses.
Le haricot a commencé à être implanté dans le Marais Poitevin quand la culture y est devenue possible, c’est-à-dire après les grands chantiers d’aménagement des marais mouillés (1833-1845). Cette légumineuse qui affectionne les terres peu acides, aérées et relativement meubles, a trouvé dans les terres noires tourbeuses un environnement propice, agrémenté par l’humidité et la fraîcheur du Marais. A l’époque de la Seconde Guerre Mondiale, la demande française en légumineuses devint très importante ; la majeure partie des terres noires fut alors affectée à la culture du haricot. C’est à cette époque que des variétés plus précoces ont fait leur apparition telles que le Rognon de l’Oise, le Coco du Marais ou le Pont-l’Abbé qui ont peu à peu remplacé les variétés rouges jusqu’alors cultivées. Avec le changement des goûts des Français, entamé dans les années 1960, la production a peu à peu décliné malgré des tentatives qualitatives menées par les producteurs du Marais.
La mojhéte du Marais n’est produite qu’en demi-sec contrairement à la mojhéte vendéenne qui est commercialisée en sec. La variété utilisée s’appelle ‘Rognon de l’Oise’. Elle se raréfie car elle ne se conserve pas très bien après récolte. Tout au plus 48 heures ! Le ‘Pont-L’abbé’ se conserve mieux, est plus joli d’aspect et plus facile à écosser mais il est moins goûtu que le ‘Rognon’ du Marais !
Il existe également une production de mojhéte en Saintonge, concentrée dans la vallée de l’Arnoult, autour de Pont-L’Abbé-d’Arnoult. Le ‘Pont-L’Abbé’ est un haricot blanc veiné de brun clair en forme de rognon. Son aspect et son rapport économique ont séduit une grande partie des producteurs puisque ce haricot a conquis la région de Surgères, celle du Mignon et une grande partie du Marais mouillé. Actuellement, sur l’ensemble de ces terroirs, cette variété représente 95% des surfaces exploitées, laissant les 5% restantes au ‘Rognon de l’Oise’.
Carotte de Jarnac-Champagne Il existe en plein cœur du terroir du Cognaçais, des terres dédiées aux fruits et légumes où les arbres fruitiers et les cultures maraîchères côtoient joyeusement les vignes. C’est en Petite Champagne (2ème cru classé), autour du village de Jarnac-Champagne, que l’on trouve des champs de carotte et de betterave cultivés à côté de jeunes vergers de noyers et de noisetiers, sans oublier quelques chênaies au pied desquelles sont récoltées les truffes d’été.
Sur cette petite commune, trois producteurs cultivent sur 23 hectares la fameuse carotte de Jarnac-Champagne. Ici, la terre argilo-calcaire est si compacte qu’on dit volontiers qu’elle est “amoureuse” tellement elle colle aux produits. Elle nécessite alors de travailler les produits en été lorsqu’elle est plus sèche. Jacques Sahuc, producteur sur 10 hectares et président de l’Association Charentes Poitou d'Expérimentation Légumière (ACPEL) nous a expliqué comment il récolte les carottes. “Les carottes sont arrachées mécaniquement et les fanes sont coupées automatiquement. Elles sont ensuite lavées et triées manuellement pour éliminer les carottes fendues, tordues, difformes ou avec un collet vert. Elles subissent un hydrocooling pendant 20 minutes – douche permanente d’eau glacée - qui permet aux carottes de sortir à 2°C à cœur. Elles sont calibrées en deux catégories : Extra et Catégorie I et sont conditionnées en sac de 1, 2 ou 12 kg.”
Ces carottes ont à la fois plus de sucres et plus de matières séches. Elles sont à la fois tendres et croquantes, sucrées et juteuses, et sont localement considérées comme un “véritable miel souterrain” idéal pour les associations sucré-salé. C’est pourquoi elles intéressent particulièrement les restaurateurs de la région.
RECETTES REGIONALES
ESCAPADES
1. Le Marais Poitevin
Au cœur de la façade Atlantique, le Marais Poitevin occupe un ancien golfe marin, aménagé par l’homme au cours des dix derniers siècles. Seconde zone humide de France après la Camargue, il couvre une surface de 100 000 hectares. En partie desséché, le marais conserve toutefois une partie pittoresque appelée Marais Mouillés, sillonnée de multiples rivières et canaux qui parcourent des paysages en camaïeu de vert.
Dès le Moyen Âge, la population a exploité le marais mouillé de la Sèvre et y a trouvé des ressources multiples, en particulier le chanvre, le lin, les fruits et les légumes que l’ont cultivait sur les mottes, ces petites îles qui parsèment le marais. Au XIXe siècle, l’évolution du marais s’est accéléré. Le lin et le chanvre ont céder au poids des cultures maraîchères : fèves, pois et autres légumes, parmi lesquels une production importante de haricots en grain : les célèbres mojhétes. Aujourd’hui l’activité maraîchère s’est raréfiée et rares sont les producteurs de légumes qui vivent de leur activité. On aura toutefois une idée de ce que pouvait être le Marais lorsqu’il était couvert de parcelles maraîchères en passant par Le Vanneau-Irleau où des jardins potagers sont accessibles par une jolie passerelle en fer.
2. Le château de Saint-Loup
Situé au nord de Parthenay, dans la Vienne, le château de Saint-Loup a été construit au XVIIe siècle par le Marquis de Carabas (le héros du Chat Botté de Perrault) sur les lieux même d’une forteresse du Moyen Âge dont on voit encore aujourd’hui le donjon. Occupé jusqu’en 1990 par Jean-Jacques Debout et Chantal Goya, il est aujourd’hui habité par le Comte Charles-Henri de Bartillat.
Ce lieu magique possède en son sein un magnifique jardin potager millénaire, aménagé entre le Thouet et le canal, construction typique des jardins du XVIIe siècle. Réparti sur 1,5 hectares, il se compose de 15 carrés et 6 rectangles, tous bordés de plantes aromatiques. A proximité, un verger est planté de 305 sujets de plein vents répartis en 10 espèces (amandier, poirier, pommier, cerisier, prunier, pêcher, abricotier, néflier, cognassier). Autre point fort de la visite, la très belle orangerie où l’on utilise encore des techniques horticoles du XVIIIe siècle. Disposée dans des caisses ou dans des vases, la collection est assortie d’une cinquantaine d’arbres de 17 variétés différentes.